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L'entretien : avant, pendant, après

Mardi 28 novembre 2006
Suffit-il, pour réussir son entretien, d’être « soi-même », comme le suggèrent vos amis ? Non et pour deux raisons évidentes. D’abord, être spontané, convaincant et à l’aise en situation de stress et d’enjeux n’est évident pour personne. Mais surtout parce que le recruteur qui, dans le meilleur des cas, peut vous consacrer 2 heures de face-à-face, n’a besoin d’entendre de vous, durant ce temps limité, que ce qui lui est utile pour former une certitude : êtes-vous (ou non) la femme / l’homme de la situation pour occuper le poste en question ? Et croyez-le, il n’a qu’une envie, à partir du moment où il vous accorde un entretien : c’est d’y répondre par l’affirmative ! Aidez-le en étant PER-TI-NENT. Mettez-vous à la place du recruteur, imprégnez-vous de son référentiel, demandez-vous ce dont il a besoin. En regard de chaque point de la liste que vous aurez établie (compétences et qualités recherchées), apprêtez-vous à faire une vraie démonstration ! Je vous proposerai dans le prochain post, une méthode pour vous y aider.
Par Magali Mathis
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Samedi 2 décembre 2006

Beaucoup de sites web ou de livres proposent des listes de questions types (ou questions pièges) qu’est susceptible de vous poser le recruteur (http://management.journaldunet.com/dossiers/0509103emploi/questions.shtml). Même si ces listes de questions ne sont pas exhaustives, ni systématiquement représentatives, s’y préparer peut vous aider à « faire le tri » dans vos réponses et à être plus efficace dans votre communication. Il y a par exemple quelques questions incontournables sur lesquelles vous devrez être parfaitement au point : votre « pitch » (la présentation que vous ferez de vous-même durant quelques minutes en début d’entretien), vos motivations (pourquoi être candidat à ce poste, dans cette entreprise…), le contenu de votre dernier emploi ou une mission particulière dont vous vous êtes occupé, que vous avez mis en avant dans votre CV, et dont vous devriez pouvoir parler en détails pendant 10 à 15 minutes sans être « sec »…


Une bonne préparation nécessite pourtant d’aller plus loin que cette approche « questions / réponses ». Je dirais qu’à l’idéal, un candidat qui a fait la bonne analyse du poste pourrait presque réaliser son entretien de A à Z, sans qu’on ait besoin de l’orienter par un questionnement. On parle de plus en plus, pour les entreprises qui ont besoin de recruter en quantité et en qualité, de « marketing RH ». Candidats, faites également votre propre marketing ! Le consommateur achète ce qu’il perçoit comme un besoin ? Analysez précisément le besoin de l’entreprise et concentrez votre argumentation sur ces points. En somme, au lieu de partir de vous (vos forces / vos faiblesses), prenez pour point de départ l’expression de son besoin par l’entreprise. Je préconise une approche méthodique, qui a le mérite de très bien vous préparer à l’entretien, mais également de vous aider à être plus pertinent dans la rédaction de votre lettre de motivation. Imaginez un tableau en format « paysage », avec 3 colonnes.


Dans la première colonne, inscrivez tous les savoirs (connaissances, diplômes), savoir-faire (compétences) et savoir-être (traits de personnalité) recherchés par l’entreprise. Attention, ne vous contentez pas de ce qui est demandé expressément, souvent en dernière partie de l’annonce (« 3 ans d’expérience, bilingue anglais, rigueur, excellent relationnel »). Relisez plusieurs fois l’annonce, imprégnez-vous du poste, et surtout lisez entre les lignes. Ainsi, s’il est dit que l’entreprise a créé un produit adapté à un marché émergeant, que vous aurez à commercialiser sur une cible de « grands comptes », vous devez intuitivement en déduire un certain nombre de compétences et de qualités nécessaires (la persévérance, la capacité à accepter que le résultat de l’action soit différé dans le temps, la curiosité…). Vous pouvez pour vous aider interroger des professionnels qui pratiquent ce métier ou travaillent dans cet environnement, voire dans cette entreprise (les sites de networking, comme Viadéo (ex Viaduc), le permettent plus aisément aujourd’hui). Projetez-vous dans le poste, imprégnez-vous du besoin : à la fin, vous verrez, cela deviendra un jeu ! Vous avez maintenant, dans la première colonne, une liste de 10 à 20 critères recherchés par l’entreprise : ce sont les facteurs clés de succès (FCS).


Dans la colonne n°2, inscrivez les exemples de réalisations qui attestent de votre maîtrise du critère. Efforcez-vous de les structurer sous la forme « contexte / actions / résultats ». Mettez plusieurs exemples par FCS (3 ou +) : si la qualité recherchée est importante pour le recruteur, il ne se contentera pas d’un seul exemple pour valider votre démonstration. Imaginons que vous avez identifié que le « sens de l’organisation » était un FCS pour le poste que vous visez. Vous pouvez expliquer comment vous organisez votre temps de travail, en fonction de quoi et avec quels outils. Vous pouvez citer un exemple d’une réalisation qui vous incombe et dont le succès dépendait étroitement de votre capacité d’organisation (beaucoup de personnes impliquées venant de services différents, beaucoup de contraintes, un budget très serré, des délais courts… et finalement un dossier remis dans les temps, un client satisfait). Vous pouvez également faire appel à des exemples personnels (vous êtes organisé un trekking à l’autre bout du monde). Attention cependant, un recruteur cherche des cohérences : tous vos efforts seraient ruinés si vous avez oublié d’amener la moitié des documents que le recruteur vous avez demandés, ou si vous vous étiez engagé à le rappeler tel jour à telle heure et que, trop débordé, vous n’avez pu le faire… Autant de mésaventures qui n’arriveraient pas à quelqu’un de réellement organisé ! Vous avez désormais, dans votre colonne n°2, des arguments étayés d’exemples précis et circonstanciés, qui démontrent que vous êtes légitime sur la plupart des FCS demandés (si ce n’est pas le cas, vous avez probablement fait la mauvaise analyse du poste, ou alors vous êtes « décalé » par rapport au besoin et vos chances d’aboutir sont faibles).


Toutefois, il reste des critères pour lesquels vous n’avez pas (encore) d’expérience. C’est l’objet de la colonne n°3. Vous y raisonnerez par analogie. Inscrivez-y une expérience approchante qui démontre que vous saurez répondre positivement au FCS à court ou moyen terme (après une formation, ou une période d’apprentissage sur le terrain). Par exemple, l’annonce demandait un candidat maîtrisant le logiciel « Macindows 2.0 » que vous n’avez jamais utilisé. Mais dans votre précédent poste, vous avez dû vous servir au pied levé de « Wintosh 3.1 » (un logiciel certes très différent mais d’un niveau de complexité comparable) : au bout d’un mois, vous étiez autonome et au bout de trois vous étiez en mesure de former un néophyte. Cela devrait sécuriser le recruteur sur votre capacité à satisfaire toutes les exigences du poste à relativement brève échéance. Une fois ce tableau remplis, décantez-le, d’autres exemples vous viendront au fur et à mesure de votre réflexion. Sélectionnez les plus éloquents, ceux que vous saurez le mieux exposer et défendre. Ce ne seront peut-être pas toujours les mêmes, selon que votre entretien se passera avec un cabinet de recrutement ou avec l’opérationnel qui sera (bientôt) votre responsable hiérarchique. Avec ces éléments bien à l’esprit, vous aurez en grande partie le même référentiel que le recruteur et ne serez plus à court d’argument pour lui démontrer votre ressemblance avec « le profil type » qu’il recherche !

Par Magali Mathis
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Mardi 5 décembre 2006
Je lisais récemment un article affirmant que 70% des commerciaux mentent dans leur CV. Si la statistique est probablement un peu exagérée (car si on ajoute ceux qui ne sont pas démasqués… le résultat serait inquiétant !), il n’empêche que la question se pose : un candidat qui « arrange » son CV et ment en entretien a-t-il davantage de chance qu’un  candidat honnête ?

 

J’évoquerai dans un prochain post les cas où la loi permet à un candidat de mentir. Il y en a, certes, mais ils sont assez limités et couvrent entièrement les questions que le recruteur n’a pas le droit de vous poser (puisqu’il n’a pas le droit de vous les poser, s’il vous les pose quand même, vous avez le droit de mentir). Pour tout le reste, attention ! Vous risquez de vous prendre à votre propre piège. En effet, si devant la justice, le doute profite à l’accusé, en matière de recrutement, le doute ne profite jamais au candidat. Personnellement, je préfère un candidat qui assume une erreur de parcours en me démontrant qu’il y a pris du recul et progressé, qu’un candidat qui n’assume pas et me raconte des histoires… Si le premier n’est pas systématiquement assuré de recevoir une réponse favorable, le second est sûr, lui, d’en obtenir une négative. En effet, si je n’ai pas confiance en un candidat, je ne prends pas le risque de le « placer » chez un de mes clients.

 

Comment démasque-t-on un candidat qui prend des libertés avec la réalité ? Il y a tout d’abord, le flair du « consultant-truffier » et son expérience : il a « scanné » des dizaines et des dizaines de candidats ayant fait les mêmes études que vous, ayant pratiqué le même métier, étant passés dans la même entreprise… A force, cela créé des points de repères. Ce n’est certes pas infaillible, mais cela met souvent sur la piste. Il y a aussi, et surtout, les vérifications formelles que pratiquent presque tous les cabinets de recrutement. Je demande systématiquement les diplômes et les certificats de travail : s’il y a une différence entre les dates mentionnées dans le CV et sur ces documents officiels, on est mal partis… Le candidat qui a perdu ces précieux documents (au choix, au cours d’un déménagement, d’un incendie et même une fois, au cours d’un divorce…) n’est pas à l’abri d’une vérification (annuaires des écoles, organismes chargés de vérifier les diplômes…). Autre vérification très pratiquée : la prise de références professionnelles, qui consiste à appeler votre ancien employeur. Contrairement à ce que craignent certains candidats, on y apprend rarement des choses désobligeantes sur eux : le temps faisant son œuvre, même séparés du collaborateur en mauvais termes, les employeurs font souvent la part des choses. En revanche, il y a parfois dans le contenu du poste, le niveau réel de responsabilité et la cause du départ des divergences de point de vue.

 

Par ailleurs, avec internet, les sources d’informations sont multiples : « googler » un candidat est de plus en plus courant. De même, quand je reçois un responsable de magasin, je vérifie systématiquement sur societe.com le chiffre d’affaires et les résultats de son point de vente. Quand, durant l’entretien, il m’annonce des chiffres à mille lieues de ce qui est mentionné dans les comptes de résultat déposés au greffe du tribunal de commerce, c’est que j’ai face à moi un menteur malhabile… Ce qui est dommage, car un point de vente qui perd de l’argent n’est pas en soi un signe d’incompétence, loin de là. Mais alors que je voulais simplement qu’il m’explique le contexte (arrivée d’un nouveau concurrent, dotation aux amortissements ayant dégradé les résultats ?), le candidat s’est enferré dans son mensonge initial. La confiance est rompue, le processus s’arrête là.

 

Alors, dire la vérité, toute la vérité ? En tout cas, maintenant que vous le savez, ne vous faites pas piéger sur ce qui est si facile à vérifier… Et retenez que savoir parler positivement de ses échecs peut même vous faire « gagner des points » !
Par Magali Mathis
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Mercredi 31 octobre 2007
J'entends encore des candidats me dire en entretien, "je ne me suis pas particulièrement préparé, car je pense qu'ainsi on est est plus spontané". Spontané, pourquoi pas, mais ce que le recruteur attend avant tout, c'est de la pertinence, c'est-à-dire une capacité à mobiliser rapidement des arguments et des exemples qui démontrent que vous disposez des compétences et des qualités recherchées pour CE poste précis.

Avez-vous finement analysé ce qui permettra au futur collaborateur de réussir dans sa mission ? D'autre part, êtes-vous sûr de pouvoir citer, au débotté et en détails, trois expériences professionnelles ou personnelles qui attestent, par exemple, de votre aptitude au management, de votre sens de l'organisation ou de votre esprit de décision (entre autre), si vous prétendez à une fonction de Chef de projet ? Si la réponse est non, alors préparez-vous et laissez à vos amis le plaisir de profiter de votre spontanéité !

L'autre intérêt d'une bonne préparation est, qu'en vous libérant du "fond" (c'est à dire du contenu de votre entretien), elle vous permet de concentrer sur la "forme" et vous adapter ainsi au rythme et au style d'entretien de votre interlocuteur. A ce titre, un coach, David Bernard, a identifié quatre styles de recruteur : le dominant, l'entraînant, le conciliant et le réfléchi. La description qu'il fait de chacun (ce qui le rassure, ce qui le séduit, les erreurs "qui tuent"...) sont intéressantes à découvrir, même si aucun recruteur n'est jamais aussi "marqué" que cela dans un seul style.

Découvrez en détails ces 4 profils recruteur et leur psychologie en cliquant sur ce lien.

Bonne lecture !

Par Magali Mathis
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Mardi 6 novembre 2007
Vous avez franchi toutes les étapes de sélection et passé un entretien. Naturellement, vous attendez fébrilement des nouvelles du recruteur et, après une semaine de silence, vous songez à le relancer tout en hésitant : que lui dire ? cela ne risque-t-il pas de me desservir ? quel est le bon moment ? quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

Un excellent article du Journal du Net fait le point sur ses questions, je vous y renvoie : les conseils et les astuces qui y sont donnés sont pertinents et j'y souscris complètement.
Par Magali Mathis
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